Mon année sportive 2020

31 décembre 2020
10 min

L’année 2020 se termine. Même si les chiffres sont globalement bons, ils ne reflètent pas mon année en dent de scie où je suis passé par toutes les émotions.

Récit

De janvier à avril, je cours 100 km par mois comme en 2019 sur la même période.

Contrairement aux années précédentes où je pratiquais le vélo quasi exclusivement pour du vélotaf à raison de 200 kilomètres par mois sur les premiers mois de l’année, je commence fort l’année sur le vélo grâce à Zwift qui me permet d’accumuler les kilomètres et le dénivelé virtuellement le matin avant le travail lorsqu’il fait nuit et froid dehors.

Je prends vraiment du plaisir à me dépasser et à me lancer des défis. Je réussi à monter l’Alpe du Zwift, la réplique exacte de l’Alpe d’Huez, en moins d’une heure.

Watopia - Tour Ice And Fire
18 févr. 2020
39 km
1170 d+
21.85 km/h
Activity map 3109702261Photo 3109702261
5
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1028
47

Je me prends au jeu et participe même à des compétitions, dont le tour de Zwift.

Tour de Zwift: Stage 7 @ Yorkshire
5 févr. 2020
14.1 km
247 d+
36.05 km/h
Activity map 3073496779Photo 3073496779
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En deux mois, rien que sur Zwift je reste 24h sur mon vélo, roule virtuellement 600 kilomètres et grimpe 11.500 mètres de dénivelé positif.

En mars, je me sépare avec grand regret de mon Home Trainer car mon déménagement au Canada est prévu à la fin du mois.

Déjà nostalgique avant de partir, je souhaite laisser ma trace sur les parcours où j’ai adoré courir à Toulouse. Je fais la chasse aux records.

La Vache, La Maourine, Borderouge, Lalande, canal latéral
21 janv. 2020
10 km
31 d+
12.87 km/h
Activity map 3029814097Photo 3029814097
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Finalement la pandémie prend de l’ampleur et le monde entier se confine. Les avions sont cloués au sol, les frontières fermées. Mon départ a l’étranger étant reporté, nous quittons la ville pour l’air frais de la campagne. Je promène Oïka dans la forêt.

J’équipe mon vélo de route de sacoches et m’en sert pour faire les courses chez les producteurs locaux. Être à la campagne, laisser la voiture au garage et ne se servir que du vélo pour les déplacements du quotidien, ça se rapproche de mon idéal de vie.

Vient ensuite avril : le mois d’Or. Me sentant de mieux en mieux, j’augmente la fréquence des sorties et allonge les distances jusqu’à réaliser une performance que je pensais impossible pour moi. Alors que je n’avais jamais atteint les 200 kilomètres en courant, j’ai parcouru 300 kilomètres en Avril tout en grimpant 6000 mètres de dénivelé positif.

Tout ça avec seulement 3 jours de repos dans le mois car entre les sorties de course à pieds je cale quelques sorties de VTT où je roule 400 kilomètres et grille 5500 mètres de D+.

C’est avec les chaussures de mon grand-père, parti trop tôt, que j’ai accompli cet exploit J’espère qu’il est fier de moi. Les chaussures étaient neuves mais je ne les ai pas ménagées et, chose rare pour moi, la semelle se décolle. Je m’en sépare avec beaucoup d’émotions.

Les chaussures rendent l'âme après 300 kilomètres en un mois

Pendant ce temps, les quatres cyclistes vivant sous le même toit sortent faire quelques tours de vélo au fin fond de la forêt, tout en restant cachés.

En mai, je change de terrain d'entraînement et passe 3 semaines dans l’Aude où je troque les sentiers forestiers pour des cailloux et du dénivelé.

Après une semaine je commence à sentir une forte gène sur un tendon d’achille qui reste présente au repos. C’est le début des ennuis. Je prends quelques jours de repos mais ça ne suffit pas. La douleur est aussi présente sur le vélo mais j’essaie de forcer plus sur l’autre jambe.

Une semaine plus tard, je reçois la paire de Vibram Five Fingers que j’avais commandé avant de me blesser alors que je pensais ma foulée prête après de nombreuses années d’adaptation. Je ne peux bien entendu pas résister au fait de les essayer !

L’expérience vécue lors de ma première sortie ne fut pas celle à laquelle je m’attendais. Passé l’excitation des foulées légères des premiers kilomètres, les sensations se sont dégradées par la suite. Mes tendons d’achille ont énormément souffert, et ce sont désormais les deux tendons d’achille qui sont enflammés.

1ere sortie Vibram Five Fingers
28 mai 2020
14.1 km
416 d+
10.06 km/h
Activity map 3524499315Photo 3524499315
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Je tente une sortie VTT avec Daisy qui déteste les vélos. Après 10 minutes à lutter pour avancer sans qu’elle essaye de manger la roue du vélo, elle comprend enfin qu’on peut aussi se promener en vélo !

Je ne peux pas résister à célébrer la journée mondiale de la course à pied et je cours un semi marathon une semaine plus tard. C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. La douleur s’est intensifiée, je tente un mois de repos de course à pied tout en continuant le vélo.

STRAVA EMBED Journée mondiale de la course à pieds

Mi-juin, alors que je pars pour un tour à un rythme tranquille, j’emprunte une route super roulante où je roule à plus de 30 km/h.**Je me lance un challenge et me donne à fond le reste de la sortie pour parvenir à finir ma première sortie de 100km avec 1000m de D+ à 30km/h de moyenne**.

Lacapelle, Biron, Monpazier, Beaumont, Lanquais, Faux, Saint-Aubain, Issigeac, Falgueynat, Castillonès, Villeréal, Saint-Etienne, Bonnenouvelle
15 juin 2020
104.7 km
946 d+
29.93 km/h
Activity map 3617647604Photo 3617647604
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2478
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Une semaine plus tard, alors que nous partons en vacances en Provence, je cherche les parcours sympa du coin. Je découvre avec étonnement que le Mont Ventoux est à proximité. Je me dois de monter ce col légendaire ! Je décide de partir de Bédoin pour vivre la plus emblématique des ascensions ainsi que les émotions d’un coureur du Tour de France. N’hésitez pas à relire le récit de mon ascension.

Mont Ventoux
23 juin 2020
54 km
1801 d+
18.44 km/h
Activity map 3657585594Photo 3657585594
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1856
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Je nage pour la première fois de l’année dans un étang et j’y prends goût. C’est décidé je recommence à nager à mon retour !

Après 5 matinées de vélo consécutives en Provence où je vois de superbes paysages, je passe deux jours dans l’Hérault. En m’éloignant un peu de Montpellier, je découvre avec étonnement de magnifiques paysages remplis de verdure. Non loin du Parc National des Cévennes, le rendez-vous est pris pour une prochaine fois.

Pour rejoindre Sète, je roule entre étangs et mer sur une route Gravel.

Après un mois de Juin rempli de vélo où j’en ai pris plein les yeux, retour en Dordogne. Je m’aventure maintenant jusque dans le Lot.

Je veux explorer des routes plus lointaines ! J’achète des sacoches de cadre dans le but d’expérimenter le bikepacking.

Je ne perds pas de temps. Une semaine plus tard, je pars pour une aventure de 2 jours. en allant dormir chez un ami près de Bordeaux. Je ne prends avec moi que l’essentiel car l’espace dans les sacoches est très réduit : un maillot de bain, un t-shirt, de quoi m’alimenter et réparer sur la route.

Lacapelle, Monpazier, Beaumont, Couze, Bergerac, Prigonrieux, Libourne, Montussan
8 juil. 2020
151.3 km
918 d+
25.03 km/h
Activity map 3732864056Photo 3732864056
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2603
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Montussan, Créons, Sauveterre-de-Guyenne, Miramont, Cancon, Montflanquin, Paulhiac
9 juil. 2020
136.1 km
1303 d+
25.36 km/h
Activity map 3736342065Photo 3736342065
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Mi-juillet, direction l’Auvergne. J’emprunte la route des Volcans mais la pluie et le brouillard m’empêchent de profiter de la vue.

Gour de Tazenat, Volvic, Puy de Dôme
16 juil. 2020
53.6 km
1106 d+
20.78 km/h
Activity map 3769754957Photo 3769754957
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2 jours plus tard, le soleil refait surface. Je planifie un magnifique parcours de 105km et 1900 D+ qui débute en Auvergne pour rejoindre le Cantal en passant par le Mont-Dore et la Tour d’Auvergne. J’en prends plein les yeux.

Col de la Croix Saint Robert, Mont Dore, La Tour d'Auvergne, Egliseneuve, Riom, Le Claux
18 juil. 2020
105.4 km
1905 d+
24.56 km/h
Activity map 3779465357Photo 3779465357
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J’arrive au pied d’une belle montagne. On m’apprend que c’est le célèbre Puy Mary, sommet le plus haut du Cantal, arrivée d’une étape du Tour de France cette année. Je veux grimper ce col !

Je ne perds pas de temps. Le lendemain, je m’élance sur les pentes du Puy Mary depuis Cheylade.

Je me régale. Arrivé au sommet, le col du Pas de Peyrol, je suis rempli d’énergie. Je redescend de l’autre côté direction Mandailles et grimpe de nouveau au sommet par la même route.

Des cyclistes s’accrochent à ma roue et je les tire sur plusieurs kilomètres mais ils ne me dépassent pas. Je regarde en arrière au bout d’un moment et vois avec étonnement deux semi-professionnels équipés de la tête aux pieds par leurs sponsors. On échange quelques mots puis ils me dépassent. Tant pis pour les photos, je ne m’arrête pas, je me prends au jeu et essaye de rester dans leurs roues le plus longtemps possible. Je craque malheureusement à un kilomètre du sommet après 10 kilomètres d'ascension. Ce fut une belle expérience, je me suis régalé !

Le Puy Mary²
19 juil. 2020
58 km
1498 d+
21.84 km/h
Activity map 3785511975Photo 3785511975
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1836
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Ces longues sorties m’ont donné des ailes. Je réfléchi déjà à un parcours de 200 kilomètres. Je cherche des solutions pour avoir moins mal aux fesses et réduire les irritations. M’intéressant au milieu du bikepacking je découvre la selle Infinity, inventée par un Chiropracteur Américain, qui semble faire des miracles à ce niveau là, au point de ne plus avoir besoin d’un cuissard avec de la mousse ! Je décide, après lecture et visionnage de nombreux tests, de faire importer cette selle.

J’effectue tous les réglages recommandés et l’essaye sur une sortie de groupe le lendemain. Très vite, une douleur s’installe au genou mais je ne m’inquiète pas outre mesure. Même si la douleur semble s'intensifier, elle ne m'empêche pas de pédaler. Puis je crève après 55 kilomètres et je dois m'arrêter pour réparer.

Mon corps se refroidit et mon genou me fait très mal. C’est moi le meneur du groupe et je ne veux pas décevoir. Je m’acharne à terminer le parcours que j’avais prévu. La douleur me gène à chaque coup de pédale mais je parvient à terminer en moulinant.

Grave erreur. L'après-midi, je boite énormément. Mon genou est bloqué. Le moindre mouvement me fait souffrir. C’est le drame. Après les tendons d'achille qui m’empêchent de courir, le genou m'empêche de faire du vélo en plein été ! Je démonte la selle et la renvoie illico de l’autre côté de l’Atlantique. Même si ça m’a coûté un bras en frais de douane pour la faire importer des Etats Unis, je ne veux plus en entendre parler.

Je tente 10 jours sans vélo mais la reprise réveille la douleur et je suis obligé de rentrer après 10 kilomètres. Même chose après encore 15 jours de repos.

Pour me défouler, je nage durant l’été 37 kilomètres. J’expérimente à 4 reprises la distance de 3 kilomètres, 200 longueurs dans une piscine de 15 mètres, en ne m'arrêtant qu’une seule fois à mi-distance pour boire quelques gorgées d’eau.

Je pars quelques jours à la mer sans mon vélo où je ne peux pas résister à l’idée de courir sur La Clape.

Fin août j’arrive de nouveau à faire une petite sortie tranquille de 50 kilomètres.

Début Septembre, alors que je viens de devenir Papa, une douleur au mollet droit fait son apparition dans une montée sans prétention. La fatigue joue sans doute son rôle.

Alors que je ne cours déjà plus beaucoup à cause de mes tendons d’Achille, je dois également réduire le volume en vélo. Les courbes de 2019 me rattrapent et je ne ne peux pas m’accrocher au wagon.

Je continue néanmoins à sortir car les douleurs ne semblent pas s’amplifier.

En novembre, je me décide enfin à aller voir le kiné qui me fait faire du renforcement musculaire à raison d’une fois par semaine. Lorsque je cours j’essaie d’augmenter la cadence entre 170 et 180 pas par minutes et de courir plus à plat pour diminuer la charge sur la chaîne postérieure.

Pour les fêtes de Noël je redescend dans l’Aude et saisi ma dernière chance d’améliorer mon temps sur la montée jusqu’au Signal de l’Alaric. Le segment me fait de l'œil depuis un moment. Le sommet est dans les nuages mais je réussi à obtenir le KOM.

Conilhac, plateau de Montbrun, Moux, Signal de l'Alaric, Fontcouverte
21 déc. 2020
31 km
750.6 d+
15.42 km/h
Activity map 4500848465Photo 4500848465
17
2
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234
160

Chiffres

AnnéeDistance
(kilomètres)
Dénivelé
(mètres)
Durée
(heures)
Actif
(jours)
Repos
(j, j/sem)
20206.900101.600411252113 (2,2)
20197.00065.70045428382 (1,6)
Δ- 100+ 35.900- 43- 31+ 31

En 2020, j’ai été actif 252 jours ce qui m’a laissé 113 jours de repos pour une moyenne de 2,2 jours de repos par semaine.

J’ai passé 411 heures à faire du sport cette année. En étant actif 30 jours de moins qu'en 2019, j’ai réussi à parcourir quasiment le même kilométrage. L’augmentation du nombre de sorties longues a bien aidé.

J’ai dépassé la barre symbolique de 100.000 mètres de dénivelé positif pour la première fois, ce qui équivaut à grimper plus de 11 fois l’Everest !

Course à pieds

AnnéeDistance
(kilomètres)
Dénivelé
(mètres)
Durée
(heures)
Nombre
2020138525.850124105
2019150010.950140113
Δ- 115+ 14.900- 16- 8

J’ai parcouru 1400 kilomètres en courant cette année.

Mi-mai, parti sur un rythme de 160 kilomètres par mois, j’étais en avance de 250 kilomètres par rapport à 2019. Malheureusement, je n’ai pas pu continuer sur cette belle lancée mais je peux envisager courir 2000 kilomètres en un an, à condition de réussir à ne pas me blesser.

Je termine à seulement 100 kilomètres de mon année record avec tous ces pépins physiques. C’est plutôt encourageant pour la suite.

J’ai grimpé 25.000 mètres de dénivelé positif, alors que je n’avais jamais dépassé les 11.000 mètres sur une année. Alors que j’ai tendance à me focaliser uniquement sur le kilométrage, j’ai amélioré ma meilleure marque de 15 kilomètres sans m’en rendre compte. C’est 2,3 fois plus qu’en 2019 où j’avais déjà augmenté par 2,7 par rapport à 2018.

Cette progression a augmenté la charge sur mes tendons d’achille ainsi que sur mes mollets. Cela a forcément eu une incidence non négligeable sur leur fatigue et l'apparition des blessures.

Vélo

AnnéeDistance
(kilomètres)
Dénivelé
(mètres)
Durée
(heures)
Nombre
20205.35075.250255151
20195.25944.150252322
Δ+ 100+ 31.100+ 3- 171

J’ai passé plus de 250h assis sur une selle pour pour parcourir 5300 kilomètres, dont 600 virtuels. Ces chiffres sont identiques à ce que j’avais réalisé en 2019, pourtant les années ne se ressemblent pas.

J’ai gravi 75.000 mètres de dénivelé positif. Comme en course à pied, j’ai considérablement augmenté les ascensions de 170% par rapport à 2019 pour 30.000 mètres en plus.

N’habitant plus en ville, j’ai réduit le nombre de mes déplacements en vélo qui étaient bi-quodidien l’année passée.

Natation

AnnéeDistance
(kilomètres)
Durée
(heures)
Nombre
2020371526
201922917
Δ+15+6+9

Jusqu’au 23 Juin je n’ai pas du tout nagé. Mais c’est surtout lorsque les blessures m'ont empêché de courir ou de faire du vélo, au milieu de l’été, que j’ai nagé pour rester actif.

Il faut avouer qu’avoir une piscine de 15 mètres sur place a bien aidé. J’ai allongé la distance type de mes sorties habituelles de 1000 à 1500 mètres. J’aime bien les chiffres ronds quand je nage en piscine et ça reste compliqué de faire 1000 mètres dans une piscine de 15 mètres. Il faudrait faire 66,66 longueurs !

30 kilomètres en deux mois, c'est du jamais vu pour moi.

Bilan

J’aurais aimé terminer l’année 2020 sans blessures pour réattaquer fort en 2021 mais je vais devoir me contenir encore un peu.

Fin décembre, j’ai toujours mal aux deux tendons d’Achille et au mollet droit. Le plus dur semble toutefois derrière moi. Les douleurs me gênent mais ne m’empêchent plus de pratiquer. Je dois cependant m'astreindre à rester dans ma zone de confort.

Cependant le tableau n’est pas tout noir. Mêmes si des blessures sont aussi venues gâcher la fête, je suis fier de constater tout ce que j’ai accompli lorsque je regarde en arrière :

  • Course à pieds
    • 1400 km
    • 25.000 m D+
    • 300 km sur un mois
    • 6000 m de D+ sur un mois
  • Vélo
    • 5300 km
    • 75.000 m D+
    • 7 GranFondo (+ 100 kilomètres)
    • 1 sortie de 100 km 1000 D+ à 30km/h
    • 1300 km sur un mois
    • 12.000 D+ sur un mois
    • Le Mont Ventoux
    • Le Puy Mary
    • Un pied dans le bikepacking
  • Natation
    • 37 km
    • 4 fois 3 km

Malgré toutes les mésaventures qui m’ont freiné cette année, j’ai encore progressé sur de nombreux points et 2020 a été une année riche en nouveaux records.

Espérons que le bilan de 2021 soit aussi positif.

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