Forest Trail 2019

17 février 2019
4 min

Aujourd'hui c'est jour de course. Nous nous sommes inscrits il y a plusieurs mois sur le Forest Trail. Les places partent à une vitesse folle.

Cette course a deux particularités :

  • Elle se déroule dans la Forêt de Bouconne, située à l'ouest de Toulouse, mais du fait de sa date en plein cœur de l'hiver, les conditions sont souvent très boueuses
  • Elle se court de nuit.

Le Forest Trail nécessité donc d'être bien équipé et la liste du matériel obligatoire est plus longue que la moyenne :

  • Lampe frontale
  • Vêtements réfléchissants
  • Couverture de survie
  • Sifflet
  • Réserve personnelle d'eau

L'événement comprends quatre courses :

  • La Comète : 12km
  • La Météore : 18km
  • La Nébuleuse : 25km
  • La Supernova : 42 km

Nous sommes inscrits sur le plus petit parcours du Forest Trail : La comète.

Il a plu sans cesse ces derniers jours et les organisateurs de l'événement publient régulièrement des photos de certains passages de la course. L'un de ces derniers est appelé "La buse". Il s'agit d'un tunnel que nous devons emprunter pour traverser une route. Ce dernier est innondé et un des organisateurs a de l'eau jusqu’à la taille. Ça ne donne pas vraiment envie de courir mais au vu des commentaires sur les réseaux sociaux, les participants sont plus motivés que jamais à affronter les différentes péripéties. On verra bien. Notre distance étant la plus courte parmi tous les parcours, nous partirons en dernier. Nous aurons donc droit aux chemins les plus déformés par les participants des trois autres courses parties avant nous.

Le départ se situe près de la halle de Lévignac.

Nous avons droit à des projections lumineuses sur l'horloge du village mais aussi à un orchestre de Batucada.

19h59, tout le monde est sur les starting blocks, prêts à partir. Nous partirons visiblement à l'heure. Je me glisse parmi la première moitié des participants pour ne pas devoir trop doubler dans le village. Les organisateurs annoncent que le parcours évitera le passage du fameux tunnel qui est inondé.

À 20h pétante, le départ est lancé. Je m'élance et commence à doubler mais quelque chose me gène. Ma ceinture cardio glisse et j'ai l'impression de la perdre. Je tente de glisser les mains sous mes vêtements pour essayer de la remonter mais la ceinture porte dossard m'en empêche. Avoir des gants et une gourde à la main ne facilite pas la tâche. Je ne sais pas quoi faire, j'ai l'impression de la perdre de plus en plus et de l'avoir décrochée avec les précédentes manipulations. Je n'ai même pas encore quitté le village.

Je décide de m'arrêter pour régler le problème une bonne fois pour toute car je n'y arrive pas en courant. Je pose la gourde, enlève les gants, la ceinture cardio et remonte la ceinture cardio pour qu'elle reste bien en place. Les secondes perdues me paraissent interminables.

Lorsque je repars, je suis plus motivé que jamais à rattraper ce temps. Je profite de la grosse première montée pour doubler. Au bout de quelques kilomètres seulement, nous attaquons les chemins de terre. Comme prévu, c'est bien glissant. J'essaye tant bien que mal d'éviter les premières flaques mais les nombreuses flaques ne sont pas toujours évidentes à éviter. Plus on avance dans la Forêt et plus le jeu de funambulisme devient courant. Chaque appuis est glissant mais les chemins deviennent de plus en plus étroits, je prend des risques pour éviter de me faire doubler

Je réalise à ce moment du parcours qu’avoir les pieds mouillés sera inévitable.

Mon matériel n'est pas très adapté. J'ai des chaussures de trail mais sans membranes imperméabilisées mais surtout je tiens une gourde à la main. Quelle mauvaise idée ! Le terrain étant une véritable patinoire, il est courant de devoir s’accrocher à une branche pour éviter la chute. Malheureusement je n'y arrive pas très longtemps. Certains appuis m'échappent totalement. J'ai l'impression d'être dans un jeu vidéo et de glisser sur des peaux de banane. J'enchaîne quelques chutes mais je réussi à me relever aussitôt pour repartir sans perdre ma position.

Du fait de mon imprudence, j'arrive à garder un bon rythme et à grappiller des positions petit à petit. Vers la moitié du parcours, je sens la présence d'un concurrent qui suit mes traces. J'entends son souffle mais je ne me retourne pas. La frontale doit continuer à éclairer chaque pas pour éviter de poser la cheville au mauvais endroit.

Plus loin, un autre coureur accroche le wagon et nous nous retrouvons à trois. L'un d'eux prend le relais ce qui me permet de reprendre un peu mon souffle. Plus loin, le troisième en fait de même. Cela me permet d'analyser leur fatigue. Je m'accroche à eux.

Étrangement, on s'habitue vite aux pas glissants mais pour les éviter au maximum, je cours dès que possible sur l'herbe qui longe les chemins.

Les kilomètres s'enchainent et ne se ressemblent pas. Nous alternons les sentiers boueux avec des chemins gravillonneux. Il arrive de plus en plus régulièrement de se retrouver face à une flaque énorme d'eau et de ne pas pouvoir l'éviter. À ce stade de la course, je ne réfléchis plus. Je suis trempé jusqu’au genoux donc je saute dedans en espérant ne pas perdre mes appuis.

Après une dizaine de kilomètres, nous retrouvons les chemins goudronnés qui permettent de redescendre vers le village. Je me surprends à prendre plaisir du fait de ne plus glisser à chaque pas. Ça me rend plus serein et je peux ainsi me concentrer sur mon arrivée. Je sais que je suis un bon finisseur et je suis bien décidé à gagner le sprint sur mes deux compères. Arrivés dans le village, je suis à l'affût du moindre signe qui indique l'arrivée et je sprinte sur la dernière ligne droite. Je réussis à m'imposer et je me contente de ma petite victoire.

Les organisateurs enregistrent mon arrivée mais je ne connais pas à ce moment-là ni mon temps officiel ni ma place.

Une bonne soupe chaude m'attend à l'arrivée et j'en suis ravi. Après le réconfort, je découvre mon classement. J'ai terminé 20ème place au classement général et 13ème de ma catégorie. Super ! Je ne m'y attendais vraiment pas.

Malgré les conditions, je me suis régalé. Vivement la prochaine !

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