La traversée des Pyrénées en vélo par la route des cols

12 mai 2021
23 min

J’ai depuis quelque temps dans un coin de ma tête cette traversée des Pyrénées en vélo par la route des cols sans réellement l’envisager.

Pourtant, ayant grandi dans l’Aude et ayant vécu à Toulouse ces dernières années, j’ai souvent regardé ces belles montagnes de loin. J’y suis souvent allé en hiver pour skier je m’y suis aventuré en vélo de route qu’une seule fois.

L’objectif est de rallier l’Atlantique à la Méditerranée en prenant un maximum de plaisir sans aggraver les petits bobos qui trainent. Je souhaite profiter de cette aventure pour réaliser de belles images qui me permettront de garder de merveilleux souvenirs.

Jour 1 | Ascain -> Saint-Jean-Pied-de-Port

C'est le grand départ. Hier soir, nous avons dormi sur un parking de randonnée situé sur la route du col de Saint-Sulpice. À la base nous devions dormir dans Ascain même mais l'emplacement que nous avions trouvé était en réalité interdit aux camping cars.

Je redescends donc au pied du col de Saint-Ignace avant de lancer mon activité. Ça serait dommage de rogner la moitié du premier col !

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Les panneaux sont écrits en français mais aussi en basque ici

En descendant, je suis content d'avoir ma veste de pluie qui me couvre bien du vent mais aussitôt dans la montée, j'ai déjà chaud et je m'arrête pour enlever cette dernière couche.

Le col est une bonne mise en jambe. Les 3 km se montent vite mais quelques passages à 9% surprennent. Surtout après avoir passé un mois au Pays-Bas où c'était le calme plat niveau dénivelé.

On arrive ensuite dans un petit village basque typique.

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J'arrive très vite à la frontière espagnole. La cabane des douanes françaises est fermée, ce qui profite aux nombreuses voitures qui traversent dans les deux sens. Une chose de sûre, je ne serais pas le seul français en Espagne !

Une fois le village Landibar traversé, j'attaque mon premier col Espagnol. Il s'agit du col d'Oxtondo. Contrairement aux cols Français, ici il n'y a aucune information pour les cyclistes, c'est bien dommage. De beaux arbres longent la route. Même s'ils m'empêchent d'admirer le paysage, j'en profite pour faire de belles prises de vue originales dans la forêt.

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Je redescends pendant quelques kilomètres vers Ordoki puis prends la direction le petit village d’Erratzu situé au pied du prochain col.

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Redescente ensuite au village de … l'air de réchauffe et je décide dans le un premier temps de retirer les jambières puis au pied du troisième col de retirer ma sous-couche à manches longues. Me voyant arrêté au bord de la route Un Espagnol avec un maillot Movistar me demande si tout va bien. Je ne comprends pas tout mais réussi à lui faire comprendre que j'ai juste chaud. J'avais déjà croisé ce cycliste 5 minutes plus tôt dans le sens inverse et le rzxoiserais de nouveau 10 minutes plus tard redescendant le col. Je n'ai pas bien compris pourquoi il tournait en rond

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Contrairement au col précédent, la vue est bien dégagée pour mon plus grand plaisir et le paysage à perte de vue est sublime.

La route est plus petite et donc plus calme. Je n'ai pas croisé une seule voiture. C'est en arrivant au sommet que j'ai compris qu'il était interdit de franchir la frontière en voiture en haut du col. Pourtant un restaurant semble ouvert et des voitures sont garées de part et d'autre de la frontière, aussi bien des français que des Espagnols.

Des moutons traversant la route m’accueillent à 100 mètres du sommet.

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Une fois la frontière franchi, je redescends de l’autre côté direction Saint-Étienne-de-Baïgorry. C'est magnifique ! Je suis dégoûté d'avoir épuisé les batteries de mon drone et de ma GoPro. Tant pis j’en prends plein les yeux et profite encore plus du paysage pour être sûr de ne pas l'oublier.

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Arrivé en bas, un gros nuage commence à arriver derrière moi. Je m'empresse de reprendre la route jusqu'à Saint-Jean-Pied-de-Port où Noushka m'attend. J'ai hésité quelques minutes à repartir et profiter de rouler par peur que le temps ne se gâte dans les prochains jours mais le temps de la réflexion a suffit pour que les premières gouttes de pluie arrivent déjà.

Ce n'était pas prévu mais nous arrêtons notre étape ici. Je n'ai pas regretté cette décision. 30 minutes plus tard, c'est un énorme déluge qui s'est abattu sur nous et ça a duré toute l'après-midi.

Jour 2 | Saint-Jean-Pied-de-Port -> Arette

Ce matin, le temps est nuageux mais on aperçoit tout de même du ciel bleu. La météo annonce quelques averses durant la matinée mais j'espère passer entre les gouttes.

Je prévois une étape de 75 km entre Saint-Jean-Pied-de-Port et Arette avec 2 cols au programme. Je pars vers 8h30. Pour rejoindre le centre du village où j'ai arrêté la trace hier je dois monter un petit mur. Je mets le petit plateau et je déraille, ça commence bien !

Je traverse ensuite le petit village de Saint-Jean-Le-Vieux (On dirait bien qu’ils aiment bien les noms de village à rallong qui commencent par Saint-Jean ici !) d’où j’attaque un petit faux plat montant sur 10 kilomètres où je croise un troupeau de vaches sur la route.

J’arrive ensuite au pied du panneau indiquant les cols d’Iraty.

Je pédale ensuite jusqu'à ce que je crois être le col d'Iraty

En voyant la pente moyenne de 5% sur 17 kilomètres je pense naïvement que le col sera lissé et peu difficile. Grave erreur que je comprendrais un peu plus tard.

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Je rentre très vite dans des pentes aux forts pourcentages. Mon compteur va jusqu'à m'annoncer 20% ! Je me dis que ça doit être un gros mur au début vu la moyenne des pourcentages, mais loin de là. Ça oscille entre 9% sur de courts passages et 15% et les panneaux récapitulatifs sur le bord de la route indiquent encore 15 km d'ascension. Ça va être dur. Heureusement, la montée offre de magnifiques paysages pour me divertir

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C'est dans les pentes les plus rapides que le soleil décide de pointer le bout de son nez. J'ai vite très chaud et je dois m'arrêter pour enlever les jambières et les manchettes.

Lorsque j'arrive enfin au sommet, c'est avec un grand étonnement que je tombe sur le panneau du Col de Burdincurutcheta, le col au nom imprononçable dont j'ai tant entendu parler ! Il m'aura donné du fil à retordre celui-là, j'ai intérêt à me souvenir de son nom.

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Je comprends à ce moment-là qu'il fait parti des cols d'Iraty indiqués sur le panneau en bas du col. C'est surprenant que ce col ne soit pas indiqué en tant que tel. Car clairement la moyenne de 5% indiquée en bas est trompeuse et j'arrive en haut alors qu'on m'indique encore 8,7 kilomètres de montée.

Je redescends donc pendant quelques kilomètres avant d'attaquer ce qu'il reste des cols d'Iraty. Encore une fois, aucune indication sur le col en lui même du coup je ne sais plus trop à quoi m'attendre. La moyenne des 5% prend elle en compte la descente que je viens de faire ? Même ma montre Garmin sur laquelle j'avais planifié l'itinéraire est perdue. Elle m'indique encore 2000 mètres de D+ pour cette montée.

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J'arrive finalement au sommet du Col de Bagargi. Le temps de grignoter un bout pour reprendre des forces et me recouvrir avant la descente, Noushka qui a emprunté la même route que moi avec le camping car arrive à ce moment là. Nous profiterons en même temps du magnifique paysage que nous réserve la descente.

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Quelle merveilleuse surprise. Le panorama est grandiose. J’aperçoie pour la première fois des montagnes enneigées au loin mais j'espère qu'elles ne se trouvent pas sur la route des cols.

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Quel bonheur de descendre avec une si belle vue. Je dois faire chauffer les freins pour rester en sécurité. Malgré mon extrême prudence j’atteins une vitesse maximale de 79 km/h.

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Une fois en bas je longe la rivière Le Larrau dans des gorges pendant une bonne dizaine de kilomètres. Je croise beaucoup de personnes sur le bord de la route se préparant pour faire du kayak. Ça ne doit pas être facile ici. Contrairement à la Dordogne, c'est rempli de rapides.

La fin du parcours est un peu monotone est pas extraordinaire. Peut être aussi parce qu'il me tardait d'arriver. Dur dur déjà après 3000D+ dans les jambes.

Jour 3 | Arette -> Bilhères

La météo n'est pas au beau fixe de bon matin. La pluie est toujours là pour au moins toute la matinée. Je surveille régulièrement en espérant du changement.

En effet, j'ai juste besoin d'une fenêtre météo de deux heures. L'objectif du jour est de grimper un seul col et redescendre dans une jolie vallée nous permettant de rester au moins deux nuits dans la nature. Juste une petite étape suivie d'une journée sans vélo pour mettre au repos mon mollet douloureux.

Un seul col mais pas des moindres. C'est le fameux col de Marie Blanque, régulièrement emprunté par les coureurs du Tour de France, que je compte gravir.

Je réussis finalement à partir vers 13h. Comme annoncé, le ciel se découvre d'un seul coup et c'est sous un beau ciel bleu que je démarre.

Après 15km de roulant, j'arrive au pied du col. Je déraille une énième fois en passant le petit plateau. Il va falloir que je trouve une solution, ça commence à devenir agaçant de s'arrêter à chaque changement de plateau.

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Un panneau m'indique que la pente s'accroît progressivement et que ce sont les 4 derniers kilomètres qui seront les plus durs. Ça se confirme très vite. Les premiers kilomètres se montent relativement bien avec 5% au compteur.

Le paysage ne se découvre pas et au contraire les arbres qui longent la route se multiplient. Ils m’abritent de la fine pluie qui commence à tomber. J'attends impatiemment de découvrir le panorama mais il ne viendra pas. Ici seuls les arbres, magnifiquement vert en cette saison, sont là pour me distraire.

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Lorsque j’attaque les derniers 4 kilomètres, annoncés comme les plus raides de la montée, je commence à me dire que je suis un peu juste avec ma cassette 11/28. Je monte tout le temps en force et n'ai pas assez de liberté de braquet pour mouliner lorsque les pourcentages passent sur 2 chiffres.

Un nouveau col au compteur

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Les paysages dans la descente ne sont pas bien différents de la montée. Par contre, ça a l'air moins pentu sur ce versant. Même si je fais attention à ne pas glisser avec cette route mouillée, j'ai du mal à prendre de la vitesse.

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C'est avec une grande joie que je découvre un magnifique paysage en bas dans dans la vallée. La vue sur les montagnes m'avait manqué !

Mon mollet tire de plus en plus. Cette petite étape de 30km suffira pour aujourd'hui. La journée de repos fera du bien demain !

Jour 4 | Bilhères -> Argelès-Gazost

La journée de repos a été pluvieuse. Nous sommes juste sortis faire 2 h de randonnée histoire de prendre l'air. Aujourd'hui, il faut avancer !

La météo ne s'améliore pas. Aujourd'hui, je crois que je ne verrai ni le soleil ni le ciel bleu mais je fais confiance en ma chance depuis le début qui m'évite de revenir trempé.

Je n'ai pas fait 200m que je suis déjà dans le brouillard et la bruine qui va avec. Je roule ensuite jusqu'à Laruns où se trouve le pied du col d'Aubisque. Le panneau m'indique que le col est ouvert. C'est parti !

Une douleur au dessus du genou me rappelle à l'ordre. Elle s'est déjà manifestée ces derniers jours. Je m'arrête et je monte ma selle de quelques millimètres. Instantanément la douleur diminue. J'en profite également pour enlever ma veste de pluie et ne pas surchauffer dans la montée.

Les kilomètres passent mais la vue ne se dégage pas. Je garde espoir de passer au dessus des nuages mais plus je monte et plus la brume s'épaissit.

La pluie s'intensifie également. Je traverse plusieurs villages et m'arrête à Gourette une dizaine de minutes car mon appli météo m'indique que la situation va s'améliorer. Finalement je repars car j'ai l'impression que ça se détériore.

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Je fais décoller le drone pour tenter capter le moment mais on ne voit pas grand chose et impossible de faire la mise au point avec ce brouillard.

Les 2 derniers kilomètres avant le sommet sont plus déserts. Il n'y a plus d'arbres et même si je ne vois pas bien loin. Je devine les grands espaces. Une fois au sommet je prends une photo avec les grands vélos car il n'y a pas de panneau. Il a sans doute été volé.

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Il est temps de redescendre. Je découvre le magnifique paysage de ce versant. Ça n'a rien à voir avec l'autre côté. C'est beaucoup plus sauvage. Je me sens tout petit. Je longe les falaises, passe sous des rochers mais je dois aussi faire très attention. La route est trempée, il y a plein de cailloux sur la route et de la neige sur le bas côté. Je tiens bien fermement mon guidon, ne lâche pas les freins et reste bien concentré sur la route pour éviter les cailloux sur la route tombés des falaises qui longent la route. 'ai bien envie de m'arrêter faire des photos mais je suis congelé, il vaut mieux que je continue de redescende jusqu'à Argelès-Gazost pour regagner quelques degrés.

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Alors que je ne m’y attendais pas du tout, je tombe nez à nez sur le panneau m’indiquant mon entrée en Occitanie. Même si je suis en terres inconnus avec une météo hostile, je me sens un peu plus chez moi et c’est rassurant.

Jour 5 | Gavarnie -> Aspin

Petite entorse au parcours aujourd'hui. Au lieu de partir du précédent lieu d'arrivée, je partirais de Gavarnie. En effet, j'ai pris un petit jour de break pour qu'on puisse aller découvrir le Cirque de Gavarnie dont on entend tout le monde parler depuis quelques temps dans notre entourage. Au niveau du kilométrage, c'est similaire à si j'étais parti d'Argelès Gazost sauf que je pars de bien plus haut ! Je peux donc m'échauffer avec 20km de descente jusqu'à Luz Saint Sauveur.

C'est ici que débute la montée jusqu'au Col du Tourmalet. J'en profite pour enlever mon coupe vent avant de monter en température. J'en profite pour checker mon pneu arrière. En effet, petite alerte ce matin en préparant le vélo. J'étais anormalement dégonflé à l'arrière mais pas à plat. J'ai regonflé à bloc avant de partir en espérant que ça tienne. Le ciel étant menaçant, je me suis empressé de prendre la route pour éviter d'être trempé. Ça a bien tenu jusque là mais j'ai déjà besoin de regonfler. Un cycliste s'arrête pour me dépanner avec sa pompe qui est plus efficace que la mienne. Je repars avec lui. Je laisse une dernière chance à la chambre mais 10 minutes auront suffi cette fois pour que je sois à plat. Je dois à mon grand regret m'arrêter pour réparer et laisser filer mon nouveau copain.

Je perds un temps fou sur chaque crevaison et je ne suis pas des plus efficaces. Entre vérifier qu'une épine ne se trouve pas encore dans le pneu, glisser la bande anti-crevaison, qui ne tient pas en place, entre la chambre et le pneu et re-gonfler jusqu’à 7 bars avec une pompe qui nécessite toutes mes forces, tout ça en essayant de ne pas trop se salir pour ne pas repartir les mains toute noires. Je ne retrouverais pas mon camarade qui doit maintenant être une bonne poignée de kilomètres plus haut.

Mais je repars finalement en espérant que les problèmes mécaniques soient derrière moi. J'atteins vite le bas de la station de ski de Barèges que je suivrais tout le long de la montée. Je ne savais pas qu'il y avait un domaine skiable dans ce col prestigieux, ça gâche un peu le paysage à mon grand regret.

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Heureusement les montagnes sont belles ! Des versants entiers sont encore recouverts de neige. Pas étonnant lorsqu'on sait qu'il s'agit du col le plus haut en altitude sur la route des cols et du second plus haut col routier des Pyrénées après le col de Portet qui n’est pas sur ma route.

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À 5 km du sommet, j’aperçois le Pic du Midi de Bigorre où sont installés un observatoire et un relais de télévision.

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Le reste de la montée de fait sans encombres. La pente est très linéaire et seul le dernier kilomètre est un poil plus raide, atteignant 10% de moyenne. Même si c’est le col le plus emprunté par le tour de France, ce n'est finalement pas le col qui m'a paru le plus dur ! Mais la vue est tout de même plutôt sympa.

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Ce n’est pas non plus le plus beau sommet. Le panneau est accroché sur un grand mur à côté d’un vieux bâtiment de 1950. Un futur projet de rénovation prévoit de remplacer ce bâtiment par La Maison du Tourmalet afin d’améliorer l’attractivité du lieu. La statue représentant Octave Lapize, le premier coureur cycliste à avoir franchi le Tourmalet en 1911 n’est pas là non plus. Elle est apportée tous les été et rangée les hivers.

De l'autre côté c'est tout aussi beau (sauf le village hivernal de La Mongie) même s’il y a encore les lignes de télésièges qui traversent la route au dessus de ma tête. C'est encore 20km de descente qui m'attendent et cette fois-ci la route est bien sèche. C'est rassurant d’autant plus qu’il y a de longues lignes droites qui permettent de prendre très vite de la vitesse.

Une fois en bas, j'attaque le col d'Aspin. Sur le papier, avec ces 5% de moyenne il ne fait pas peur mais ça monte tout de même pendant 12,5 km. J'ai beaucoup aimé la dernière partie à partir de Payolle. On traverse une magnifique forêt et le paysage au sommet est magnifique, bien vert avec vue sur les montagnes enneigées.

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Jour 6| Aspin -> Bagnères-de-Luchon

Le ciel se couvre au dessus du col d’Aspin, je me dépêche de descendre avant que la pluie ne rende la route glissante.

Arrivé en bas à Arreau je me dirige ensuite vers Saint-Lary-Soulan d'où débute le premier col de la journée mais c'est une mauvaise surprise qui vient gâcher le bon élan. Je crève encore une fois derrière. 2ème fois en 2 jours avec un pneu neuf, une chambre neuve et une bande anti-crevaison : la poisse. Je suis complètement à plat en quelques secondes et je suis obligé de m'arrêter au bord de la grosse départementale où les voitures passent à fond la caisse.

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Des gravillons bordent la route. Ce ne sont pas vraiment les conditions idéales pour réparer mais je n'ai plus qu'une chambre neuve dans ma sacoche alors il faut absolument que ça soit la première et dernière fois de la journée, autrement je serais contraint de faire venir l'assistance.

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Alors qu'hier je n'avais rien trouvé dans le pneu, je trouve cette fois 2 minuscules morceaux de verre coincés que je réussis tant bien que mal à retirer et à réparer. C'est reparti, en route pour le col de Val Louron-Azet !

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Dans la montée je rattrape un cyclotouriste, chargé comme une mule, qui m'est familier. En effet il m'avait gentiment proposé son aide lorsque j'étais en train de réparer mais, ne souhaitant pas abuser de sa gentillesse et ayant tout ce qu’il me fallait pour réparer, je l’ai remercié en lui disant que continuer sa route pour ne pas ralentir sa progression.

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Je me mets à sa hauteur et entame la discussion. Il me parle espagnol et lorsque je lui demande s'il parle anglais, il me répond : "little". Finalement je ne parle pas mieux que lui donc nous arrivons très bien à communiquer dans la langue de Shakespeare. Il transporte 16 kg de bagages et a décidé de voyager en vélo pendant 1 an. Nous grimpons à petit train et faisons connaissance.

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Nous nous arrêtons en haut pour profiter de la vue et il me propose de partager son repas. Une tomate, un oignon, du pain au maïs et du fromage. Il sort même le chocolat pour le dessert ! Un festin de roi.

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Je dois ensuite à mon grand regret lui fausser compagnie car à cause de toutes ces bagages nous n'avons pas le même rythme et il me reste encore 30 kilomètres à parcourir.

La descente est encore une fois très belle et j'attaque dans la foulée de col de Peyresourde

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Je découvre que l'ascension du col de Peyragudes démarre au milieu de la montée mais il ne figure pas sur la route des cols.

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Le sommet délimite la frontière entre les Hautes-Pyrénées et la Haute Garonne.

Il ne reste plus qu'à redescendre dans la vallée. Je m'arrêterais à Saint-Aventin.

Jour 7 | Bagnères-de-Luchon -> Mourtis

Je me lève difficilement après une mauvaise nuit où nos voisines les vaches ont fait la fête toute la nuit en agitant leurs cloches. En plus d'éloigner les prédateurs, je commence à croire qu'elles servent aussi à éloigner les touristes que nous sommes !

Déjà fatigué avant de partir, c'est décidé : demain ça sera une journée de repos pour moi. J'ai prévu de monter deux cols aujourd'hui : Le col du portillon qui permet de franchir une nouvelle fois la frontière avec l'Espagne et le col de Menté qui nous permettra de retourner en France et dormir en montagne.

Je repars du bas du col de Peyresourde franchi la veille. Il me reste un peu de descente avant d'atteindre Bagnères-de-Luchon d'où débute l'ascension menant au col du Portillon.

Je traverse la ville et commence à monter lorsque j'aperçois le panneau indiquant que le col est fermé pour travaux. Mon ami espagnol Manu rencontré la veille m'a pourtant dit qu'il avait dormi en haut du col. Je ne m'inquiète donc pas outre mesure et sait que ça doit passer en vélo.

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Lorsque j'arrive au niveau des travaux, je suis surpris de constater que ce sont des Espagnols qui entretiennent les routes côté France. Puis je continue mon ascension qui se déroule sans embûches.

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C'est une belle route qui me fait descendre en Espagne à Bossòst.

À partir de là j'emprunte une grande route remplie de camions filant à toute vitesse pour revenir en France. C'est l'incompréhension. Pourquoi la route des cols passe par là ? Bizarre, je ne vois pas l'intérêt de repasser en Espagne pour prendre une autoroute à camions.

Quoi qu'il en soit, je suis content et soulagé d'être de retour en France jusqu'à la fin de la traversée.

Dernière difficulté du jour, le col de Menté ! Le premier kilomètre est assez raide avec une moyenne de 10.3% puis la pente se radoucit le temps de traverser le village de Boutx (Savez-vous comment on le prononce ?). J’aurais ensuite droit à des pentes oscillant entre 7 et 12% jusqu’en haut.

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À quelques kilomètres du col, de jolis lacets s'enchaînent et laissent entrevoir une magnifique vue sur les deux collines qui entourent Saint-Béat-Lez qui ressortent clairement du paysage. Je finis sur une belle note !

Jour 8 | Mourtis -> Seix

Encore une fois je ne tarde pas trop à partir car le temps doit se dégrader dans l'après-midi.

Je débute par la descente du col de Menté, qui je l’apprendrais plus tard, est très célèbre pour la chute de Luis Ocana sur le Tour de France de 1971 qui lui a fait abandonner alors qui était leader du classement général.

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Vient ensuite dans la foulée l'ascension du col de Portet-d'Aspet. Elle n'est pas très longue sur le papier mais cache quelques murs bien sympa annoncés à 17%. Mon compteur m'indiquera jusqu'à 21%. De quoi bien se réchauffer après avoir eu comme d'habitude un peu froid dans la descente.

La forêt est très dense et des fougères longent le bord de la route. Cette forêt est différente des autres que j'ai pu traverser jusqu'à présent. Je m'imprègne du paysage car je ne peux pas faire décoller le drone ici.

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À mi-col, c'est encore une mauvaise surprise qui m'attend. Alors que je ressens de plus en plus les aspérités de la route, je regarde mon pneu arrière et constate une nouvelle crevaison. Décidément, il y a vraiment quelque chose qui cloche avec cette roue arrière.

Je décide cette fois de retirer la bande anti-crevaison qui manifestement ne remplit pas sa fonction et me fait perdre un temps fou à chaque crevaison. Peut-être même qu'elle est à l'origine du problème. J'ai toujours 2 chambres à air neuves sur moi mais je pince la première en regonflant. Aïe, la pression monte. Je n'ai pas intérêt à me louper sur la seconde. Ça passe mais je croise les doigts pour pouvoir finir la sortie car je n'ai plus de roue de secours.

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Ça redescend ensuite jusqu'à Castillon-en-Couserans où j'attaque l’ascension du Col de la Core. 16 kilomètres jusqu'au sommet, ça fait quelques jours que je n'ai plus grimpé de montée aussi longues. Mais finalement, les pentes sont douces et les kilomètres défilent assez vite.

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À 3 km du sommet la route qui m’emmène d’une montagne à une autre m’offre un paysage sublime sur la vallée bien rectiligne.

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J'atteins ensuite le sommet où j'avais prévu de terminer l'étape du jour.

Je ne m’attarde pas pour redescendre en direction de Seix car quelques gouttes commencent à tomber.

Jour 9 | Seix -> Vicdessos

Départ de Seix. Je roule sur un faux plat montant sur une dizaine de kilomètres jusqu’à Sérac d’Ustou.

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Débute ensuite l’ascension du col de Latrappe. Il n’est pas très long, 5 kilomètres pour 400 D+ parfait pour se mettre en jambe. Mais alors que le sommet n’est qu’à 1110m, le haut de la montagne est déjà dans les nuages.

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J’arrive assez vite au col de Latrappe. Finalement le brouillard semble s’être éloigné.

Je redescend ensuite vers Aulus les bain quand je reconnais le départ de la randonnée menant à la Cascade d’Ars que nous avons emprunté quelques années auparavant.

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À partir du village je me dirige en direction du col d’Agnès, le point le plus haut de la journée. Pas de répit, ça remonte déjà.

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Dans le premier tiers de la montée, j’ai une belle vue sur une cascade qui ressort de la forêt, j’imagine que c’est le dernier des trois étages de la cascade d’Ars que j’aperçois au loin bien qu’il semble il y avoir d’autres cascades dans le coin.

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J’emprunte ensuite une série de lacets sur 3 kilomètres. Les pourcentages sur le dernier tiers du col sont moins importants. Je peux ainsi mieux apprécier le paysage qui s’offre à moi.

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À 2 kilomètres du sommet, je sors de la forêt et le paysage se dégage. C’est beau ! Très tranquille et nature, ce col n’a rien à envier à d’autres cols bien plus connus.

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Vient ensuite une jolie descente jusqu’à l’étang de L’Hers que l’on aperçoit tout le long mais le paysage est un peu gâché par les dizaines de voitures garées à proximité. C’est un endroit qui semble très fréquenté.

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À partir de là, deux routes s’offrent à moi. L’une d’elle descend jusqu’à Massat et l’autre monte jusqu’au col de l’Hers. L’itinéraire de la route des cols passe par la seconde option. Par ce versant, le col de l’Hers n’est pas bien dur. Nous sommes déjà bien haut et il ne reste que 200 mètres de dénivelé sur 3 kilomètres.

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Tous les touristes semblent s’être entassés à l’étang car ici je suis absolument seul. La vue est dégagée et le panorama est spectaculaire. Je regrette maintenant d’avoir fait voler le drone dans le premier col assez banal car je n’ai plus assez de batterie maintenant pour capturer ces instants depuis les airs. Heureusement j’ai toujours mon petit trépied comme solution de secours.

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Il ne me reste plus qu’à redescendre en direction de Vicdessos où se termine mon étape du jour.

Jour 10 | Vicdessos -> Ax-les-thermes

Aujourd'hui, Je vais faire une entorse à la route des Cols officielle que je suis scrupuleusement à la lettre depuis le début, hormis la petite escale au Cirque de Gavarnie. En effet, la route officielle emprunte la nationale entre Tarascon et Ax-les-Thermes. Et pour une fois je connais très bien cette route pour l'avoir empruntée de nombreuses fois en voiture pour aller au ski depuis Toulouse. C'est une grosse route avec beaucoup de trafic et des portions en deux fois deux voies qui n’est pas du tout adaptée aux vélos.

À la recherche d'alternatives, Garmin m'indique une petite route un peu plus au nord qui est populaire auprès des cyclistes. Elle rejoint la route officielle au col de Marmare, au-dessus d'Ax-les-thermes.

Depuis Vicdessos la route descend jusqu'à Tarascon pendant 15 kilomètres puis au lieu de prendre la nationale je traverse la ville jusqu'à Bompas où je trouve un petit virage en épingle d'où débute mon itinéraire bis. Un panneau indique la route des Corniches. Ça annonce la couleur, je sens que je ne vais pas regretter mon choix !

La route est très calme, difficile pour deux voitures de s'y croiser, mais heureusement le nombre de voitures que je rencontrerais ici se comptent sur les doigts d'une main.

Je traverse le petit village d’Arnave avant de remonter jusqu'à ce que je découvre les magnifiques falaises sur ma droite qui composent Le Rocher de Mirouge.

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Vu de drone ça ne se voit pas trop, mais d'énormes lignes électriques gâchent la vue depuis le sol. Quelle idée de les placer à un si bel endroit !

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Je continue ensuite la route des corniches jusqu'à tomber sur cette magnifique vue sur la vallée de l'Ariège avec le château de Lordat au sommet de la petite butte qui se situe à droite de la photo.

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J'attaque ensuite le col de Marmare qui, avec ses faibles pourcentages, se monte plutôt bien.

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Je retombe sur la route de la route des cols que je prends ensuite en sens inverse direction le col de Chioula perché 100m plus haut avant de redescendre direction Ax-les-thermes.

Je ne regrette pas mon choix d’itinéraire entre Tarascon et Ax-les-Thermes qui valait le détour.

Jour 11 | Ascou -> Matemale

Départ du petit village d'Ascou ce matin d'où je m'étais plus ou moins arrêté hier. Plutôt que de prendre la direction de Quillan jusqu'à Quillan je décide de passer par le joli col de Pailhères, le seul que j'ai déjà grimpé par l'autre versant, qui m'offrira des paysages grandioses.

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Non loin du début je passe devant le lac de Goulours

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En milieu de montée j'arrive au niveau de la station De ski d'Ascou-Pailhères que je connais très bien. Je venais skier ici tous les ans à l’occasion d’un week-end organisé par mon village. J'y ai gardé de très bons souvenirs. Je m'amuse à essayer de repérer les pistes que je connais bien dans ce décor où toute la neige a fondu. Ça m'occupe bien tout le reste de la montée et je ne vois pas le temps passer.

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Je comprends seulement maintenant d'où vient le nom de cette station. D'un côté le village d'Ascou, de l'autre le col de Pailhères. Ascou-Pailhères me paraît cohérent !

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Quelques magnifiques photos avant le sommet.

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Je suis vraiment tout seul au sommet. Même pas une voiture n’est garé sur le parking. C'est extrêmement rare et c'est arrivé peu de fois durant la traversée. D'ailleurs la dernière fois que j'étais monté ici deux ans auparavant j'étais bien loin d'être seul ! Je profite donc de ce moment magique de tranquillité à 2001 mètres d'altitude.

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Puis je redescends par l'autre versant qui n’a rien à voir ! Je suis vraiment choqué par le panorama. La dernière fois que j'étais monté je n'avais pas eu la chance d'avoir la vue aussi dégagée pour assister à un tel spectacle. La route serpente à travers les flancs de montagnes pour former de magnifiques lacets, j'adore cette vue d’ensemble !

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J'arrive au bon moment car le nuage qu'on aperçoit à gauche sur la photo à recouvert la vallée quelques minutes après.

Je redescends jusqu'à Mijanes par ses majestueux lacets où je ne croise absolument aucune voiture, seulement deux cyclistes qui sont en train de grimper.

À partir de là, plutôt que de rejoindre Axat, je choisis de passer par de plus petites routes.

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Je me retrouve tout à coup à grimper le col de Ares après avoir aperçu les ruines du château de Quérigut. Mon itinéraire m'indiquait bien une montée ici mais je ne m'attendais pas à un col. En m'arrêtant pour enlever mon coupe vent, une perpignanais me rejoint. Je le reconnais, c'est un des deux seuls cyclistes que j'ai croisé aujourd'hui dans la descente du col de Pailhères. Nous irons jusqu'au sommet ensemble où il me racontera ses exploits de la semaine passée.

Une fois en haut nous voulons prendre une photo avec le panneau mais il n'y en a pas. À la place, nous trouvons les agents municipaux en pleine partie de pétanque. La descente n'est pas géniale. Deux bons kilomètres sont en travaux et je roule sur graviers et sable. Après mes nombreuses crevaisons, je me méfie et fais attention. Je préfère laisser filer mon compagnon du jour avec son vélo haut de gamme qui n’a pas peur de glisser.

Je termine l'aventure du jour par les 15 derniers kilomètres qui m'amènent jusqu’au col de la Quillane. La route est assez fréquentée. Je suis bien content de ne pas l'avoir emprunté pendant 60 kilomètres depuis Quillan.

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Jour 12 | Matemale -> Cerbères

Tous les gros cols sont désormais derrière moi, il ne reste plus qu'à rejoindre la mer Méditerranée pour mettre un point final à cette belle traversée.

Je prévois ma plus grosse étape en termes de kilométrage. 100 kilomètres me séparent de la côte mais je souhaite continuer jusqu'à Cerbères où je pourrais apprécier un paysage plus sauvage.

Départ du Col de la Quillane, près de Matemale, direction Mont-Louis où j'attaque une énorme descente sur une quinzaine de kilomètres. La route est très fréquentée car c'est la seule qui permet de rejoindre Perpignan. Néanmoins le paysage est très beau et les montagnes encore à perte de vue. Puis le pourcentage de la pente se réduit petit à petit jusqu'à se transformer en faux plat descendant. J'ai avalé les 50 premiers kilomètres en 1h30 mais cette première partie n'a pas été une partie de plaisir. Je suis déjà nostalgique de la veille où j'étais tout seul sur les routes. Cette N116 avec certains tronçons en deux fois deux voies n’était pas ma route préférée. Je plains ceux qui effectuent la traversée dans l'autre sens et doivent monter cette grosse route au trafic dense.

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Lac de Vinça

Je longe le lac de Vinça avant de quitter la nationale, au niveau de Bouleternère, quelques kilomètres plus loin pour emprunter de plus petites routes. Même si elles sont en moins bon état, je préfère retourner sur des routes un peu plus calmes.

Je traverse Thuir, Bages, Ortaffa avant de tomber sur une piste cyclable qui m'emmène jusqu'à Argelès-sur-Mer.

J'aurais très bien pu m'arrêter là. Premier Grand Fondo de l’année complété avec 102 kilomètres au compteur et la mer à portée de pédale pour valider la traversée. Pourtant il manque un élément qui m'est essentiel : La photo qui illustrera cette belle étape ! J'ai exactement en tête la photo dont j'ai envie pour clôturer cette belle aventure mais il me faut longer la côte jusqu’à trouver des paysages moins bétonnés pour la réussir.

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Collioure

Je prends la direction de Collioure par la corniche puis traverse Port-Vendres et Banyuls. Les trois villages se situent au niveau de la mer mais les routes allant d'un village à l'autre sont sur les hauteurs. J'en ai pas encore tout à fait fini avec la grimpette.

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Après Banyuls, ça devient enfin plus sauvage. J'ai vu sur la mer et je suis entouré de vignes comme ces 15 derniers kilomètres mais cette fois-ci il y a moins de constructions et surtout moins de voitures sur la route. Je réussis la photo que j'avais en tête toute la matinée puis je termine mon activité à Cerbère, dernier village avant de repasser en Espagne.

Je réalise alors avec fierté ce que j'ai accompli. Hier encore j'étais au sommet du col de Pailhères, situé à 2001 mètres d'altitude, entouré de montagnes enneigées et me voilà au niveau de la mer. Ça change du tout au tout.

Bilan

Le défi est réussi. Près de 800 kilomètres parcourus et 14.000 de D+ avalés sur 12 étapes.

Je n'aurais jamais imaginé il y a quelques années pouvoir réaliser cette traversée en vélo en suivant les routes empruntées par les plus grands champions. Je connais maintenant bien mieux cette belle chaîne de montagnes des Pyrénées qui m’a offert tant de beaux paysages.

J’étais tout de même inquiet pour mon mollet blessé que je n’arrive pas à soigner mais finalement, malgré quelques frayeurs, ça a tenu. Néanmoins le jour suivant la traversée, une douleur au tibia est apparue qui m’obligera à prendre un peu de repos.

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